Manoj Dixit vit et travaille à Pondicherry. Manoj aime pour ses peintures s'inspirer de l'environnement urbain qui l'entoure. Son moyen d'expression: l'Art contemporain. Comme il le dit: "Les peintures d'espace urbain ne représentent pas l'espace seulement mais l'espace psychologique que j'ai ressenti à ce moment. En fait, j'exprime mon environnement de façon littérale et figurative.
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Vandana Shah: de l'Ashram de Sri Aurobindo à Emanci.
Vandana Shah travaille à l'Institut de langue d'Emanci, comme professeur, elle participe également à l'organisation et à la gestion de la mise en place de l'institut. Elle nous explique les missions et les spécificités de cet Institut, dont le but est d'offrir des cours de langues variés. A travers son parcours personnel, elle nous livre sa vision d'Emanci et de son futur.
Pouvez-vous nous racontez votre parcours, jusqu'à votre arrivée à l'institut de langue d'Emanci ?
Je suis né à Pondichéry, il y a maintenant 24 années. J'ai étudié à l'école de l'Ashram depuis l'âge de 7 ans jusqu'à mes 21. J'ai donc fait toutes mes études à l'Ashram, j'y ai apprise de nombreuses langues : Anglais, Français, Italien, une année d'allemand et beaucoup de langues Indiennes. C'est pourquoi, je peux maintenant parler couramment Hindi, Tamil, Bengali, Gujati, Oriya, Français, Anglais et Italien. J'ai également étudié les sciences, la philosophie de Sri Aurobindo aux penseurs européens comme Shakespeare ou Spinoza. J'ai fais mon master en sociologie, mes recherches portaient sur les conditions des travailleurs salins de Marakkanam, mes recherches avaient pour but de montrer les conséquences désastreuses au point de vue socio-économique de ce type de travail. A la fin de mes études, je suis partis en stage pour une ONG, appelée Sharana, située à Pondichéry. Je devais traduire le site internet du Français vers l'anglais, et accompagner les enfants durant leur camp d'été de deux semaines. Puis, j'ai travaillé comme professeur d'hindi à domicile et plus tard j'ai travaillé avec une entreprise française appelée « Movievision ». J'ai commencé à enseigner à l'institut en Juillet 2007, en donnant des cours d'anglais et d'hindi, et depuis février dernier j'aide également dans l'organisation de l'institut.
Pouvez-vous nous expliquer quelle est la mission de l'Institut ?
Une chose qu'il est important de savoir, est que l'Institut est à but non lucratif. Ainsi quelque soit la somme d'argent, que nous reçevons elle est toujours réinjecter dans l'organisation d'EMANCI, en payant les salaires, les loyers, le matériel…L'institut est un département indépendant de l'organisation EMANCI, qui offre une formation professionnelle aux jeunes. L'institut est en place depuis 12 ans maintenant, donnant des cours de langues (anciennement nommé LIP). La majorité de nos étudiants sont français, mais nous avons aussi de nombreux Indiens, qui viennent de Bangalore et qui ont besoin d'apprendre de nouvelles langues pour leur travail. En fait, nous sommes spécialisés dans l'enseignement pour adultes, bien que nous ayons certaines activités exclusivement réservées aux enfants. Nous proposons des cours d'Hindi, Tamil, Anglais, Français, Italien, Allemand, Espagnol. Et nous avons récemment introduis un nouveau module, intitulé « Introduction à la culture et à la vie de Pondichéry et de l'Inde du Sud ». C'est un programme pour les personnes étrangères, qui sont soumises au choc culturel, car elles ne connaissent pas le comportement à adopter avec les Indiens. Cela a pour but de les aider à comprendre cette culture, en la découvrant plus en profondeur, afin de leur permettre une meilleure intégration dans la vie de Pondichéry.
Quels sont les étudiants que cible l'Institut ?
Nous recevons principalement des étudiants de Pondichéry, des Indiens qui ont besoin de maitrîser une langue étrangère, et des Français qui souhaitent apprendre l'anglais, le tamil ou d'autres langues. Mais actuellement, nous avons surtout des touristes et des personnes travaillant sur Pondichéry, au Lycée Français notamment. Notre objectif est de faire de l'Institut une partie de la vie de chacun, pour les personnes résidant à Pondichéry (Indiens et Français), ainsi que pour les touristes. L'idée est que prendre des cours à l'institut devienne une activité normale dans l'emploi du temps de chacun. En plus de cela, nous souhaiterions attirer davantage d'étudiants étrangers, qui viendrait spécialement pour étudier à l'Institut, et c'est dans ce domaine que nous comptons sur ToutPondi.com pour nous aider à devenir plus connu en France !
Quels sont les principales difficultés, auxquelles l'Institut doit faire face ?
Le fait est que nous ciblons majoritairement la population française, alors peut-être devrions nous augmenter notre présence et promouvoir notre image auprès de la communauté Tamil. Mais je ne crois pas en la concurrence du marché, je crois que les gens parleront de nous, si ce que nous leurs offrons les satisfaits, et par ce biais ils nous attireront d'autres personnes. Par exemple, en février dernier, quand les étudiants venaient, ils ne savaient pas s'ils allaient envoyer leurs enfants à l'institut, et aujourd'hui chaque étudiant envoie sans hésitation leurs enfants prendre des cours chez nous, j'y vois donc là un signe très encourageant pour l'avenir. Je ne crois pas que la publicité soit le remède à tout, même si bien sûr c'est important d'être visible par le maximum de personnes. Mais par exemple, concernant le site Internet que nous avons sur ToutPondi.com, nous n'en avons fait la publicité à personne et pourtant les gens me disent « Ho Vandana, j'ai vu votre site internet sur ToutPondi.com, c'est bien il y a pleins d'informations utiles dessus… »Alors ce qui est important pour nous est que chaque étudiant soit satisfait de la qualité de l'enseignement reçu, car il va en parler autour de lui, et ce sera ainsi la meilleure publicité que l'on puisse espérer !
Quels projets souhaiteriez-vous développer pour l'Institut ?
Nous sommes en train de développer plusieurs modules de cours sur des courtes périodes, de 5 à 10 heures par module, ou par exemple 3 heures par semaines durant 3 semaines. Ainsi les personnes qui désirent suivre ce module, pourront adapter plus facilement leurs emplois du temps personnels avec celui du module. Nous planifions également le développement d'activités liées aux cours et aux méthodes d'enseignement, particulièrement concernant l'enseignement aux enfants. De plus, nous souhaitons développer des événements spéciaux, par exemple lorsque la saison des mangues débute, nous organiserons des sessions de cuisine en anglais, afin que les gens puissent apprendre en même temps l'anglais et de savoureuses recettes. Nous avons besoin de rester concentré sur notre activité première, qui est l'apprentissage de langues étrangères, d'où les introductions aux cours, qui sont seulement de 10 ou 15h, qui ont pour but d'amener plus de personnes au sein de l'Institut, afin d'en faire un lieu d'échange, où on peut rencontrer des connaissances, prendre le temps de boire un café et discuter un moment. En fait, l'Institut n'est pas seulement un lieu d'enseignement, mais à l'instar des langues étrangères qui visent à rapprocher les gens, l'Institut se veut avoir la même finalité.
Avez-vous des méthodes d'enseignements particulières ?
Oui en effet, nous avons une approche différente. Nous ne croyons guère à l'efficacité d'un enseignement par classe, apprendre un language est quelque chose de difficile, qui nécessite de la volonté et de la pratique. Nos professeurs sont tous qualifiés, mais ne suivent pas les méthodes classiques d'apprentissages. Chaque étudiant a des besoins particuliers, et le professeur se doit de s'adapter à chacun. L'accent est mis sur la grammaire et la conversation, car sans ces deux aspects, il est difficile d'apprendre correctement un langage. Nous croyons à un apprentissage professionnel mais moins formel, une méthode centrée sur l'écoute et l'aide, avec une participation active et motivée de l'étudiant. Nous utilisons les outils nécessaires, et majoritairement des supports audio-visuel.
Selon vous, quelles sont les qualités requises, afin d'apprendre une nouvelle langue efficacement et rapidement ?
Je pense que pour être capable d'apprendre n'importe quelle langue étrangère, on doit d'abord la pratiquer régulièrement, ne pas être freiné par la peur de faire des fautes ou faire des phrases un peu alambiquées. C'est seulement en faisant des erreurs, qu'on peut s'améliorer, j'encourage toujours mes étudiants à prendre la parole, et à beaucoup converser, ainsi je peux corriger efficacement les erreurs.
Sur un plan personnel, quels sont vos projets pour l'avenir ?
Je veux continuer à travailler pour l'Institut encore quelques temps. Mon principal objectif est de rester dans un contexte de travail social, c'est pourquoi je suis venu à l'Institut, qui est une organisation à but non lucratif. Ainsi je me sens bien à la fin de la journée, parce que je n'ai pas travaillé uniquement pour gagner de l'argent, mais pour aider des gens. Plus tard, je souhaiterais travailler dans un contexte, où je peux continuer à pratiquer mon anglais et mon français, alors peut être dans l'Inde du nord, ou n'importe où, où mon aide est requise. Mais après 24 ans à Pondichéry, je souhaiterais vivre une expérience ailleurs, et voir quelque chose d'autre.
Pour plus d'information sur l'Institut de Langue d'Emanci (langues, programmes, modules..) :
Lotfi : Un compagnon du devoir au service de la formation Indienne.
Installé depuis plus de 15 ans en Inde, Lotfi Djelassi y a crée son ONG : EMANCI. Cette organisation vise à offrir aux jeunes indiens une formation professionnelle de haut niveau, notamment dans les métiers du bâtiment. Passionné par la construction depuis tout petit, époque à laquelle il rêvait de construire des bateaux, il eu la chance et le courage de suivre une des formations les plus reconnues dans ce domaine, celle des Compagnons du Devoir. Association de formation, unique en France, visant à former l'élite ouvrière, dans tous les domaines de la construction. Lotfi choisit de se spécialiser dans la métallerie, en vue toujours de construire des bateaux. A défaut de réaliser son rêve, Lotfi a même mené sa barque avec passion, voguant à travers la France jusqu'à poser l'ancre à Pondichéry, où il entend bien mener à terme l'ambitieux projet d'EMANCI.
Une formation d'excellence chez les Compagnons:
1) Présentation Compagnons du Devoir.
*Concepts et historique.
L'association des Compagnons du Devoir est un centre de formation d'élites ouvrières, aux méthodes d'enseignement particulières et innovantes. Officiellement nommée Association Ouvrière des compagnons du devoir du tour de France, cette association est reconnu d'utilité publique par l'Etat, et est l'un l'héritière des mouvements du compagnonnique nés au début du XVIII.
Le mode d'organisation ouvrière sont importé du Moyen-Orient par l'intermédiaire des croisades (vers le XIIe siècle) à succédé aux confréries et corporations du Moyen Âge. Ce nouvel "ordre" ouvrière à permis de développer une élite ouvrière et des projets de construction plus grande encore, qui a permis en XII siècle d'amorcer en Europe l'épopée des grandes cathédrales et l'affranchissement de ces membres.
La particularité des Compagnons, résident dans leurs méthodes de formation. Bien loin des standards de l'éducation nationale, les Compagnons se chargent de l'éducation complète des jeunes, aussi bien au niveau du savoir théorique et technique avec la formation à proprement dites, mais également au niveau de la philosophie de vie, du système des valeurs (travail bien fait, sens des responsabilités…), grâce notamment à la vie en communauté, à la solidarité « imposée » et au tour de France.
Les Compagnons offrent une formation concernant 21 métiers, principalement concernant les métiers du bâtiment : charpentier - couvreur - maçon - plombier-chauffagiste, tailleur de pierre, - ébéniste - menuisier, plâtrier-plaquiste-staffeur - peintre - électricien - métallier - constructeur-carrossier - chaudronnier - mécanicien constructeur - mécanicien de précision - tapissier - cordonnier-bottier - maroquinier - sellier - boulanger - pâtissier.
L'association compte 121 points de passages en France et 45 à l'étranger, chacun possédant un centre de formation, regroupant 10 à 12 corps de métier. Ainsi lors de leurs formations, les étudiants peuvent voyager tout en apprenant, ce qui caractérise la méthode pédagogique des compagnons, d'où le « Tour de France ».
La formation des jeunes est très différente de ce qu'on peut voir dans le cursus classique, il existe en effet des échéances propres au compagnonnage en plus des diplômes reconnus par l'Etat. Le processus de formation peut s'avérer difficile à supporter pour un jeune, car il est souvent contraint à quitter sa famille, c'est pourquoi chaque jeune désirant intégrer les compagnons doit passer des tests, afin de refléter ses réelles motivations.
La formation se décline en différent stades :
-Apprentis : durant deux ans, le jeune (souvent alors âgé de 16 ans), prépare un diplôme national (CAP ou BEP) dans un centre de Formation d'Apprentis (CFA) des compagnons. L'apprenti est alors en alternance, et se familiarise donc très tôt avec le monde de l'entreprise.
-Stagiaire : durant une année, le jeune est mis à l'épreuve et doit montrer sa motivation, il doit réaliser une « maquette d'adoption »,, qu'il présente devant une commission, celle décide s'il apte ou non à se lancer sur le tour de France.
-Aspirant : début du Tour de France, le jeune aspire donc à devenir compagnon. Un nouveau cursus qui démarre, où le jeune va être itinérant, vivra déférentes expériences, afin de se perfectionner dans son métier. Une fois qu'il se sent prêt, il demande à « tailler la réception », c'est-à-dire qu'il s'engage à réaliser son « chef d'œuvre de réception » (genre de projet magistral de fin d'étude).
-Compagnons : Aspirant dont le « chef d'œuvre de réception » a été validé, et dont les capacités professionnelles et personnelles sont donc démontrées.
Cette longue formation tire surtout sa renommée du Tour de France, et des méthodes pédagogiques des compagnons.
*Des méthodes pédagogiques innovantes.
La principale spécificité de la pédagogie du compagnonnage, repose bien sûr sur l'alternance, qui en fait une des premières institutions à avoir opter pour ce type d'enseignement. De plus, une fois de retour de l'entreprise, les jeunes se retrouvent entre eux et vivent en communauté (chambre, cantine, salles de classe, ateliers…), ce qui leur permet d'échanger leurs impressions sur chacune de leurs expériences. Etant donné que 95% des jeunes se retrouvent loin de chez eux et de leurs familles, il est très important de créer une solidarité, de fraternité entre compagnons, ce qui permet d'unifier les jeunes et de les aider à se sentir mieux dans leurs cursus.
Une fois le travail en entreprise effectué, les jeunes reçoivent des cours du soir techniques. Ces cours du soir ont la particularité de mélanger tous les jeunes, quelque soit leurs année d'études. Il s'agit en fait d'une pédagogie active mutuelle, c'est-à-dire qu'il n'y a pas de professeurs attitrés, mais que quelqu'un a des connaissances, il les enseignes à quelqu'un, d'en dessous, en fonction des besoins du programme de chacun. Et y a toujours un frère au dessus qui va prendre sur son temps pour expliquer et aider ceux qui en ont besoin. Il y a tout de même le responsable de corporation présent dans la salle, et qui veille à ce que tout se passe bien, et que tout le monde soit affairé. En plus de ces cours technique en communauté, il est proposé bien sûr des cours magistraux en stage avec un professeur.
Les programme de formation débouche sur une double capacité, aussi bien au niveau du bureau d'étude qu'au niveau de la réalisation même du produit. De plus, la pédagogie mutuelle permet à chacun de développer son sens des responsabilités et de l'entraide, le but étant de progresser tous ensemble. Chacun avance a son rythme, il n'y a pas de sélection ou de compétition. Ce qui importe est l'attitude devant le travail et non les résultats.
Enfin la formation s'accompagne d'une véritable éducation philosophique, centrée sur le métier d'artisan et la société. Il en résulte des jeunes ouvert d'esprit, autonomes, d'une grande capacité d'adaptation et de polyvalence, avec des valeurs humaines fortes, et bien sûr disposant d'un savoir-faire technique incontestable.
2) Le Tour de France de Lotfi.
A la fin de sa 3em, lorsqu'il du choisir son orientation, Lotfi Djelassi, voulait toujours construire des bateaux, il décida donc de se lancer dans un des métiers de la construction, se disant que cela serait bien utile dans son projet. Il intégra alors l'école de production de l'Abbé Boisard, à Lyon, une école réputé assez stricte, fondée en 1889, et où discipline et rigueur du travail vont de paire. Lotfi y démarra une formation de métallier. A la fin de son cursus, les professeurs ayant remarqué son grand potentiel dans cette branche, l'aiguillèrent vers les compagnons.
Il rentra donc directement en tant que stagiaire, ayant déjà reçu les bases de l'enseignement technique et théorique du métier de métallier, et parti donc à Angers démarrer son Tour de France. Il partit ensuite à Nîmes, puis Strasbourg, avant d'interrompre son cursus en raison de son service militaire, qu'il effectuera en tant qu'objecteur de conscience. A son retour, il part pour Bordeaux durant une année, puis monte à côté de Paris, à St-Rémi-lés-Chevreuse pour passer un an dans la seule "université" ouvrière des compagnons : la Fondation Coubertin, reconnue elle aussi d'utilité publique.
La fondation Coubertin est une année parenthèse du tour de France, dédiée à seulement quelques corps de métiers (menuisiers, tailleurs de pierre et métalliers). Cette fondation a été crée par Jean Bernard et Yvonne de Coubertin (la nièce de Pierre de Coubertin). En effet, après la guerre le mouvement des compagnons s'essoufflait, il fallait de toute urgence l'unifier, ce que fit Jean Bernard en centralisant la partie administrative et organisationnelle à Paris. De 1947 à 1975, il s'évertua à trouver les infrastructures nécessaires pour que chaque grande ville, puisse accueillir un centre de formation des compagnons. Puis il eu l'idée de hisser encore un cran au dessus, la formation des compagnons, en instaurant des universités. Avant d'étendre le projet sur toute la France, il fallait un projet pilote ; c'est là que la rencontre entre Jean Bernard et Yvonne de Coubertin fut décisive. En effet, celle-ci s'était engagée à trouver des infrastructures permettant aux femmes d'étudier sur Paris, ils avaient donc tous les deux en commun, le fait d'œuvrer pour offrir une formation de meilleure qualité ; à ceux qui ont longtemps étaient délaissés. La Baronne proposa donc le domaine Coubertin à St-Rémi-lés-Chevreuse (Yvelines), comme centre de formation. Ce centre se veut être un point de rencontre de différents milieux (manuel et intellectuel), relié entre eux par les mêmes valeurs spirituelles et par la passion de la création artistique.
Durant cette année unique, beaucoup plus orientée culture avec beaucoup de conférences, de débats, de causeries sur l'histoire, sur la société contemporaine, sur l'économie…Cela donne à chacun une vision beaucoup plus large, une ouverture d'esprit encore plus importante, tout en continuant à mener les cours « classiques » théoriques et techniques. La Fondation Coubertin est devenu l'un des hauts lieux de la fonderie, de la ferronnerie et de la menuiserie française, du fait de son rattachement au musée Rodin à Paris, grâce à la Fonderie de Coubertin. Ce fût donc une année très enrichissant pour Lotfi, qui en profita pour demande à « tailler la réception », en proposant la réalisation d'un bateau. Sa demande est accepté mais pas son projet, la commission jugeant qu'un bateau relevait plus de la chaudronnerie. Lotfi ne désespéra pas pour autant, et lors de l'année suivante qu'il exerçait à Nantes, il présenta son projet.
Son chef d'œuvre consistait en la réalisation d'une sculpture en forme de sphère, où un bar se trouvait à l'intérieur, et grâce à un système, la sphère s'ouvrait en deux, et sortait les bouteilles du fond. Ce projet fut accepter, et durant un an Lotfi travailla dessus, étudiant le plan esthétique, technique, mécanique…Le plus important pour valider son chef d'œuvre devant la commission, est de montrer une attitude positive et motivée tout au long du projet. Car le chef d'œuvre doit être la réalisation d'une œuvre qui dépasse l'aspirant, afin qu'il repousse ses limites, et ceci doit être un moteur et non un frein à la concrétisation de son projet.
Lotfi fût couronné de succès et deviens alors officiellement un compagnon du devoir. Il poursuivit alors ses activités d'encadrements, comme responsable de corporations, qu'il assumait déjà depuis deux ans, en tant qu'aspirant. Ainsi durant deux années supplémentaires, il participa à la formation des nouveaux compagnons au centre de formation de Lille. C'est d'ailleurs durant l'un de ses cours, qu'une personne viendra le déranger, pour recueillir des informations, et pour finalement lui proposer un travail en Inde.
L'arrivée en Inde :
La société Finex, s'occupant du réseau de sous-traitance pour Castorama et la Redoute, propose un contrat d'expatrié à Lotfi. Il est nommé Directeur de production pour mettre en place un bureau d'étude, un service d'achat, afin de distribuer au mieux le travail aux différentes entreprises, tout en assurant le contrôle qualité, le conditionnement et l'exportation.
Il faut noter, qu'il y a 15 ans, l'Inde était très protectionniste, et donc peu de concurrence sur le marché. Ainsi, les efforts à fournir pour répondre aux critères délais-qualité-prix, étaient trop importants et engageaient même la santé de Lotfi. Ainsi après 6 ans, il décida qu'il avait fait le tour de la question, et s'installa à son compte, comme consultant auprès des entreprises françaises, désirant traités avec des entreprises Indiennes.
Parallèlement à son activité de bureau d'étude, il reçoit une offre du CFPA (Centre de Formation Pour Adultes), un centre de formation dédié aux Français, installé depuis 19 ans en Inde, et censé être financé à 70% par la France et à 30% par l'Inde. Le consul propose à Lotfi de prendre la direction du centre, en le prévenant que le centre est en situation de réforme budgétaire. Lotfi prépare donc un budget dégressif sur 5 ans, le temps nécessaire pour trouver des fonds privés. Cependant, le centre était une structure très complexe, qui faisait intervenir le consulat, le ministère des affaires étrangères et le ministère du travail, et tout le monde voulait plus ou moins s'en séparer, mais il fallait trouver une bonne raison politique. On découvrit alors que le gouvernement Indien n'avait versé aucune subvention en 19 ans, et le centre se retrouva fermé du jour au lendemain, au grand damne de Lotfi, impliqué dans le projet.
Face à cette désillusion, Lotfi décida de rebondir en songeant à monter son propre centre de formation. Cette décision fût aussi motivée par la libéralisation de l'Inde, où l'offre et la demande ne cessait d'augmenter. Et contrairement à ces débuts, le fournisseur n'était plus le roi, mais le client devenait prioritaire. Cependant du fait du retard de la plupart des entreprises indiennes en matière de matériels, de ressources humaines, de savoir-faire…La formation représenté un créneau important et utile pour l'avenir du pays. C'est ainsi qu'EMANCI vit le jour.
La fondation D'EMANCI.
1) Des débuts difficiles.
Lotfi avait pour projet de lancer un centre basé sur le même model que celui des compagnons. Pour commencer, il lança donc une formation de métallier, étant donné qu'il pourrait lui-même assurer la formation technique des jeunes. Cependant, il n'avait que très peu de fonds à l'époque, et du pioché dans son capital personnel, pour transformer son atelier personnel en centre de formation, capable de former 20 jeunes, pour une formation totale de 5 ans, toujours en alternance.
C'est un challenge très important pour lui, car l'Inde ne possède pas du tout les mêmes moyens d'enseignements, que ce soit en terme financiers, humains et pédagogique que la France. En effet, en Inde, la formation ouvrière est plutôt informelle. Bien sûr, il existe pour certain métier des livres et des supports pédagogiques enseignants les fondamentaux du métier, mais au niveau technique et savoir-faire artisanal il n'y a guère de support.
Malgré tous ces obstacles et ces manques, Lotfi pu tout de même lancer un cursus de formation, en faisant avec les moyens du bord et beaucoup de bonne volonté et de motivation. Ainsi, comparé à ce qui se fait en Inde, sa formation promet de grands avenirs à ses jeunes, même si comparé aux Compagnons du Devoir du Tour de France, de nombreux progrès peuvent encore être réalisés. Cependant, la première promotion va être diplômée cette année et il est important de noter qu'ils sont tous placés en entreprise dans des postes de travail inespérés pour leurs âges. Les résultats sont donc encourageants.
Ainsi durant ces 5 premières années, d'expérimentation à ciel ouvert, Lotfi a pu déterminer les besoins et les manques précis liés à son projet. En effet, à la base Lotfi a surtout développé l'aspect formation d'EMANCI, sans trop s'occuper de l'organisation même de l'association. Mais après cette première expérience, il est convaincu que pour atteindre ses objectifs, il doit développer plus en détail la structure même de l'ONG.
2) 2010 : une année de changements.
*Les travaux de restructuration.
Durant l'année 2009/2010, Lotfi s'est particulièrement consacré à refonder l'organisation d'EMANCI, afin d'optimiser au maximum les efforts de chacun. Le principal souci concerne les moyens d'enseignements, il a donc décidé de créer un département spécial « recherche de moyens d'enseignements ». En plus de ce département, Lotfi prend les 4 meilleurs élèves de chaque année, leur offre des cours privés, afin qu'ils puissent après redistribuer ce savoir aux autres jeunes. De plus, un des départements d'EMANCI concerne l'Institut de Langues, qui offre de nombreux cours de langues (Anglais, Allemand, Français, Hindi, Tamoul…). Par ce biais, EMANCI s'assure aussi d'un potentiel d'enseignants disponibles, en effet très peu de personnes sont prêtes à enseigner l'anglais à des ouvriers indiens.
Mais le principal travail a été la refonte complète de l'organigramme avec des tâches et des postes prédéfinis, avec un plan de développement qui s'appuie sur les principaux supports fondamentaux (activités, ressources…). Plusieurs partenariats ont ainsi été signés, notamment avec l'Ecole de Commerce du Havre, qui va développer des études de cas en rapport avec l'activité d'EMANCI, et sur lesquels les étudiants travailleront, des stagiaires vont également être sélectionnés dans cette école. L'organisation travaille également en partenariat avec l'INDP (Réseau Interculturel pour le Développement et la Paix), rattachée à la région Poitou Charente, qui s'occupe de la recherche de financements et de sponsors.
EMANCI s'engage donc dans un projet de très long-terme, dont il faut poser les fondations aujourd'hui, ce qui est souvent le plus difficile. Cela passe donc par une nouvelle organisation de l'ONG et des collaborateurs et partenaires avec la même vision long-terme.
*La Nouvelle organisation d'EMANCI pour le futur.
Tout d'abord concernant, l'ONG en elle-même différents départements spécifiques ont été créés :
- Développement des moyens d'enseignements, visant à optimiser tous les moyens d'enseignements possibles (outils, livres, programmes, lieux, enseignants…). Travail avec les universités, pour mettre au point de nouveaux diplômes, à proposer au Gouvernement. Département d'ordre d'utilité publique, auquel le Gouvernement devra financer une partie des coûts.
- Mise en place des formations, comprenant la mise en œuvre des programmes, de l'alternance, des méthodes.
- Promotion des outils manuels traditionnels, visant à promouvoir l'image des artisans bâtisseurs, et expliquer aux jeunes quel avenir cela peut leur apporter, via des outils de promotions (court métrages, films, interventions écoles…)
- Département financier, visant à assurer sur le long terme l'autofinancement de l'organisation.
En effet, il est important de noter qu'EMANCI est une association de type loi 1901 et est à but non-lucratif. C'est pourquoi, un des principaux objectifs est de pouvoir s'autofinancer, rendant ainsi la formation complètement gratuite. Cela pourra être possible, grâce à l'organisation de la formation des jeunes. Tout d'abord, chaque jeune placé en entreprise, verse un salaire d'un mois par an à EMANCI.
Voici l'organisation prochaine de l'école, avec trois espaces principaux :
- Espace de formation : la mise en œuvre, cours théoriques et techniques, avec ateliers en commun avec l'institut des métiers
- Espace entrepreneurs : espace, entreprise pure et dure, calquant l'école de production de l'Abbé Boisard. Durant la première année, il s'agira de s'entraîner les jeunes à la production, puis une fois une certaine maturité manuelle acquise, les jeunes exploiteront leurs savoir-faire pour produire en série des produits standards, dont la demande et la conception auront été préalablement étudié dans l'espace de formation, avec des études de marchés, des ateliers de dessins, des prototypes…De la vente de ces produits, et de la réussite de cet espace dépend en grande partie la capacité d'autofinancement de l'ONG.
- Institut des métiers : vise à développer les moyens d'enseignements, c'est l'équivalent du collège des métiers chez les Compagnons.
Une fois la mise en place terminée, EMANCI devrait être en mesure d'enseigner tous les métiers liés au bâtiment, avec en priorité une formation électrotechnique, menuiserie, maçonnerie, paysagiste et tailleur de pierre. EMANCI travaille également sur l'acquisition d'un nouveau bâtiment, regroupant un internat, une cantine, 5 à 10 ateliers, 5 salles de cours, capable d'accueillir en permanence 220 personnes (jeunes et personnel d'encadrement).
Ce projet « d'université ouvrière » visant à donner à de jeunes Indiens, une formation d'excellence dans des métiers toujours demandé et recherché par tout type d'entreprises, permet à EMANCI de participer pleinement, efficacement et humainement à la construction de l'avenir de l'Inde. Un avenir, où chacun aurait la chance d'obtenir une formation de qualité, et ainsi mener sa vie comme bon lui semble. Espérons que ce projet sera reconnu à sa juste valeur par tous.
Pour plus d'informations sur le sujet, visitez les liens suivants. Si vous souhaitez aider à la construction de ce noble projet, n'hésitez pas à rentrer en contact avec l'organisation.