Études pharmacoéconomiques au Népal: la nécessité de l’heure

La pharmacoéconomie est un domaine en expansion rapide avec des intérêts du toute la gamme du personnel de santé, allant des administrateurs d’hôpitaux aux décideurs (Drummond et al., 2003). Il incorpore diverses techniques analytiques qui traitent des coûts et des résultats des interventions pharmaceutiques utilisées dans la prévention, le diagnostic, le traitement et la gestion des maladies. L’évaluation pharmacoéconomique porte sur la comparaison de deux médicaments ou plus en ce qui concerne leurs coûts et leurs conséquences. Considérée comme une branche de l’économie de la santé, la pharmacoéconomie se limite à la facette pharmaceutique du système de santé. L’analyse de minimisation des coûts, l’analyse coût-efficacité, l’analyse coût-utilité et l’analyse des coûts-conséquences sont les principaux types d’études pharmacoéconomiques (Drummond, 2006). Ces études sont réalisées du point de vue du patient, du payeur ou de la société, ces perspectives différant quant au type de coûts inclus dans les études (Drummond, 2006). Les études pharmacoéconomiques sont hautement considérées par les experts en soins de santé et les décideurs pour fonder les décisions en matière de politique de santé, soulignent leur importance (Greenberg et al., 1999). Ces études sont également d’une grande importance pour les industries pharmaceutiques, la recherche et le développement de nouveaux médicaments et les décisions critiques les concernant étant influencées par les résultats d’études pharmacoéconomiques dans de nombreux cas (DiMasi et al., 2001). Les études pharmacoéconomiques des pays développés et en développement. Ils sont réalisés dans des institutions académiques &#x02014, avec un intérêt académique acquis &#x02014, ainsi que par certaines organisations (Drummond et al., 2003). Dans des pays comme l’Australie et le Canada, les résultats de ces études pour les nouveaux produits pharmaceutiques doivent être soumis au gouvernement et ces pays ont des directives pharmacoéconomiques obligatoires pour le remboursement (Hjelmgren et al., 2001). Aux États-Unis, les directives obligatoires sur la partie du gouvernement ne sont pas disponibles; Cependant, les compagnies d’assurance ont leur propre ensemble de lignes directrices pour le remboursement de leur part et la couverture d’assurance maladie aux États-Unis provient de nombreuses compagnies d’assurance privées (tiers payeurs) (Hjelmgren et al., 2001). Les pays asiatiques tels que le Japon, la Corée, la Chine, Singapour, Hong Kong et Taïwan font aussi des progrès rapides dans l’aspect pharmacoéconomique du système de santé, mais ils sont toujours derrière les pays occidentaux (Doherty et al., 2004). L’Inde se rend également compte de la gravité des études pharmacoéconomiques dans le domaine de la santé, et les mesures nécessaires sont prises pour consolider les études pharmacoéconomiques dans le pays (Thakkar et Billa, 2013). La Société internationale de pharmacoéconomie et de recherche sur les résultats (ISPOR), qui regroupe des membres de 115 pays, a contribué à la diffusion de l’importance des études pharmacoéconomiques dans le système de soins de santé. Les études pharmacoéconomiques commencent ainsi à prendre pied dans le secteur de la santé mondiale, de nombreux pays commençant à intégrer ces études dans leur système de santé. Népal est un petit pays montagneux situé dans la région sud-est de l’Asie. Il est pris en sandwich entre l’Inde et la Chine. Le Népal est un pays parmi les moins avancés, classé 157e dans l’indice de développement humain (PNUD, 2011), ce classement inférieur reflétant le statut socio-économique du pays. L’imbroglio politique prolongé et l’insurrection de temps à autre par les partis politiques et les groupes de combattants, l’insurrection des Maoïstes étant la dernière et sans doute la plus menaçante, ont entravé les progrès du pays. La faiblesse de la gouvernance, l’incapacité du secteur public, le lent rétablissement des conflits civils, les infrastructures inadéquates, les transports et l’électricité et la médiocrité des performances industrielles ont été les facteurs déterminants de la mauvaise performance du Népal dans l’indice socio-économique (Banque asiatique de développement, 2009). Il existe une disparité considérable dans le statut socioéconomique entre les personnes de différentes régions topographiques (Asian Development Bank, 2009). Marbré par la tourmente politique et les progrès socio-économiques léthargiques, le Népal n’a pas fait grand chose pour faire sa marque sur le front socio-économique et politique sur la scène internationale. Le secteur de la santé a également été confronté aux répercussions de ces bouleversements socio-économiques et politiques. Le secteur de la santé du Népal est en train de se frayer un chemin et a eu sa part de réalisations et de déceptions au cours des dernières années.Les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) relatifs au taux de mortalité maternelle et au taux de mortalité infantile ont déjà été atteints par le Népal (Gouvernement du Népal, 2013). Cependant, d’autres dimensions du secteur de la santé ne sont pas pleinement prises en compte, notamment la répartition inéquitable des services de santé entre différents groupes géographiques et socio-économiques. Il existe une disparité considérable dans les services de santé disponibles pour les populations des zones rurales et urbaines, pour les personnes issues de familles privilégiées et marginalisées, et pour les personnes de différents groupes d’âge et de sexe (Gouvernement du Népal, 2013). De plus, la qualité des services de santé n’est pas conforme aux normes internationales. En outre, la plus grande partie des dépenses de santé du secteur public provient de donateurs étrangers (ministère de la Santé et de la Population, 2010), accentuant ainsi la fragilité du secteur de la santé. La division pharmaceutique, parmi les différentes sections du secteur de la santé, n’a rien fait de monumental, mais va dans la bonne direction (Budhathoki, 2012). Le nombre croissant d’industries pharmaceutiques, la production de médicaments de haute qualité et leur prix inférieur par rapport aux médicaments importés sont quelques-uns des aspects positifs du secteur pharmaceutique népalais; cependant, il est également semé d’insuffisances telles qu’une recherche et un développement médiocres, l’absence de fabricants de matières premières (ingrédients pharmaceutiques actifs) et une concurrence féroce avec les produits fabriqués à l’étranger (Budhathoki, 2012). Dans ce contexte, les études pharmacoéconomiques sont pratiquement inexistantes au Népal. Les dépenses de santé du gouvernement représentent un maigre 5,3% du PIB et les dépenses de santé par habitant s’élèvent à 18,09 USD, selon les données de 2006 (Ministère de la Santé et de la Population, 2010 ). Si cela est juxtaposé aux données des pays développés comme les États-Unis, les dépenses de santé par habitant sont de 8608 USD pour les États-Unis et de 3 958 USD pour le Japon (Davidson, 2013) et l’état des dépenses publiques. dans la santé du Népal devient d’autant plus apparente. En outre, plus de 55% du total des dépenses de santé proviennent des dépenses de santé directes (Ministère de la santé et de la population, 2010). Compte tenu de ces dépenses limitées dans le secteur de la santé du secteur public et de la distribution de fonds pour les services de santé selon leur situation économique, les études pharmacoéconomiques sont devenues hautement souhaitables pour s’assurer de l’accès de tous aux services de santé. aucune mention d’études pharmacoéconomiques (Department of Drug Administration, 1995). Ces études ont été considérées comme une prérogative du secteur de la santé des pays développés, le Népal s’efforçant toujours de fournir des services de santé de base et des médicaments essentiels au public. Au contraire, l’importance de ces études devient plus criante dans de telles situations, où les dépenses judicieuses dans les services de santé, y compris les médicaments, sont primordiales. Les analyses de rentabilité et de minimisation des coûts aident à déterminer les médicaments rentables pour différentes maladies. Les résultats de ces études pourraient être internalisés, ce qui pourrait conduire à la disponibilité de meilleurs médicaments avec une épargne considérable des fonds du secteur public. En outre, le pays se prépare à la concrétisation du programme d’assurance-maladie communautaire, dans le but d’instaurer une couverture sanitaire universelle; en fait, des programmes pilotes ont déjà été menés dans quelques districts (GIZ, 2012) grippe. Les décisions concernant la prise de médicaments et le remboursement sont les prochaines étapes à suivre, et l’évaluation pharmacoéconomique est un facteur qui contribue à cet égard. Ceci appelle en effet un changement radical dans la perception des études pharmacoéconomiques et de leur légitimité au Népal. Le fait qu’il n’y ait pas un seul chapitre régional, affilié à l’ISPOR, au Népal souligne l’état des études pharmacoéconomiques au Népal. Il est grand temps que les experts de la santé et les décideurs politiques du pays se penchent sur la pharmacoéconomie et ses avantages inhérents. À la différence d’autres pays, les études pharmacoéconomiques au Népal n’ont pas été chères au monde universitaire et industriel. Bien que les institutions académiques traitant de l’enseignement de la pharmacie soient en augmentation dans le pays, elles ne sont toujours pas enclines aux études pharmacoéconomiques. La principale raison en est le manque de financement pour ces études, qui devraient provenir des industries pharmaceutiques ou du secteur public. Dans un scénario où les industries pharmaceutiques du Népal sont en concurrence avec des industries étrangères pour simplement avoir un impact sur le marché pharmaceutique népalais, se plonger dans des études pharmacoéconomiques, et fournir un financement pour ces études restent un territoire inexploré pour eux. La division de recherche et développement des industries pharmaceutiques au Népal est à l’état embryonnaire, de sorte que de nouvelles molécules médicamenteuses ou de nouvelles combinaisons découvertes au Népal ne sont pas un titre récurrent dans les médias.En fait, les essais cliniques au Népal sont rares et éloignés, avec de sérieux problèmes de méthodologie, d’éthique et de logique (Sathian, 2011). Dans une telle situation, les évaluations pharmacoéconomiques parallèles, qui sont menées parallèlement aux essais cliniques (O’Sullivan et al., 2005), sont hors de l’équation, car la standardisation des essais cliniques s’impose d’abord dans le contexte actuel du Népal. Dans le même ordre d’idées, les essais pharmacoéconomiques naturalistes ou efficaces, pour lesquels les données sont collectées dans le monde réel et qui se substituent à celui des essais cliniques (Revicki et Frank, 1999; Garrison et al., 2007). La recherche et le développement de nouveaux produits pharmaceutiques en sont encore à leurs débuts au Népal; par conséquent, les études pharmacoéconomiques relatives aux nouveaux produits ne sont pas ce que le pays cherche actuellement. Les études pharmacoéconomiques des médicaments existants sont plus pertinentes dans le contexte actuel du Népal. Le marché pharmaceutique népalais regorge de produits «me-too» (Budhathoki, 2012), qui offrent un avantage supplémentaire minime par rapport au produit prototype respectif. La plupart de ces produits doivent être tamisés de sorte que le budget et la main-d’œuvre puissent être orientés vers des produits qui présentent un avantage supplémentaire par rapport à leurs produits concurrents. L’évaluation pharmacoéconomique de ces produits peut être exploitée pour conjurer ces produits. Bien que le prix de ces produits soit inférieur à celui des produits importés, ce prix inférieur émane de la concurrence du marché sans aucun rôle de valeur de ces produits. La tarification basée sur la valeur est toutefois peu probable dans un proche avenir au Népal, la principale préoccupation doit donc être d’assurer le rapport coût-efficacité. Les études observationnelles (Dreyer et al., 2010) et la modélisation économique (Soto, 2002) sont peu nombreuses et peuvent être exploitées actuellement dans ce but. Les études observationnelles peuvent être de nature prospective ou rétrospective, les deux pouvant être réalisées au Népal avec peu de limitations. La base de données sur la santé disponible dans les hôpitaux et les centres de santé peut être utilisée, ce qui, combiné aux données épidémiologiques sur le coût de la maladie, permet une évaluation pharmacoéconomique à part entière. Une étude de ce type a déjà été réalisée pour l’analyse de l’efficacité de l’intervention pharmaceutique dans le diabète sucré dans un centre de soins tertiaires dans l’est du Népal (Das et al., 2011). Cependant, ces études sont très peu nombreuses et elles ont été menées uniquement avec un intérêt académique et non dans le but d’éclairer la prise de décision en matière de santé. Ceci nous amène à l’absence d’études pharmacoéconomiques influençant la prise de décision politique et le manque de financement. pour eux au Népal. Les industries pharmaceutiques du Népal ne sont actuellement pas en mesure de financer de telles études qui compliquent davantage la situation. Néanmoins, ces études ont un besoin urgent dans le pays et les initiatives doivent être prises. Cela doit provenir du secteur public, qui exécute différents programmes de santé dans le pays. Le secteur de la santé au Népal est aidé par des fonds provenant de différentes organisations internationales pour le bon fonctionnement de la plupart de ses programmes (Ministère de la Santé et de la Population, 2010). En outre, le pays a adopté une approche sectorielle dans le secteur de la santé, où les fonds sont collectés et dirigés vers des programmes de santé sous la direction du gouvernement. Le secteur public doit également prendre en charge les études pharmacoéconomiques, principalement en finançant ces études. Il peut ne pas être possible de financer un grand nombre de ces études; Par conséquent, des considérations doivent également être prises en vue d’établir un chapitre régional dans le pays et d’adopter, dans la mesure du possible, les conclusions des études menées dans d’autres pays. L’évaluation économique des produits pharmaceutiques est essentielle dans les pays en développement comme le Népal. La diffusion des résultats des études pharmacoéconomiques et leur assimilation dans le processus décisionnel peuvent conduire à la fabrication de médicaments rentables et à une meilleure allocation budgétaire dans le pays.