Le corps raconte une histoire

deux ce matin. Le premier, un jeune Algérien, réfugié du Koweït. Ce furent les yeux que je remarquai pour la première fois: les yeux des traumatisés, morts, vides, hantés, comme s’ils vivaient une horreur perpétuelle. Mal de tête. Pitiless, là toute la journée. Son front se plissa. Il l’a décrit comme un poids sur son front, l’écrasant. J’ai posé une question, puis l’histoire. Les coups à la tête, sauvages, implacables. Il n’avait que 18 ans alors. Ses frères ont été tués. Son corps jeté en tas, comme des ordures, parmi les cadavres. Pour un moment éclair, j’étais là — j’entendais les cris, sentais l’odeur nauséabonde, sentais la terreur. Et puis de retour dans le havre de ma chaise. “ Et avez-vous raconté votre histoire à quelqu’un? ” J’ai demandé. “ No récurrent. ” “ . . pourquoi maintenant? ” Il haussa les épaules. “ Parce que vous ê tes l à, ” il a dit simplement. La révélation ne s’est pas produite en parlant sa (deuxième) langue; Il avait été en France pendant un certain temps après son évasion du Koweït, et l’avait décrit comme une expérience brutalisante. Le deuxième est venu dans les mêmes yeux morts. En provenance de l’Irak. Mal au dos. Encore une fois constante, implacable. Quand je l’ai examiné, il a grimacé au moindre contact &#x02014, tout mouvement était douloureux. Un mauvais ajustement avec le modèle biomédical. J’ai posé la même question: “ Et pourquoi pensez-vous que vous avez ceci? ” Et la même histoire écoeurante a émergé: coups, torture, perte, dégradation. Je pouvais entendre les cris, sentir l’odeur nauséabonde, sentir la terreur